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The Opening: 06-07/

(scroll down for english version)

Communiqué de presse du Centre St-Gervais pour l'Image Contemporaine
1er février - 1er avril 2007
JOËLLE FLUMET en collaboration avec Andreas Kressig
“I would prefer not to”
Installation
Vernissage le mercredi 31 janvier 2007
mardi-dimanche, 12h à 18h

Pour la première fois, Joëlle Flumet travaillera en collaboration avec Andreas Kressig. Les deux artistes nous proposent une intervention in situ au 2ème étage du Centre pour l’image contemporaine: une nouvelle série de dessins signés Joëlle Flumet et une série d’animations en rapport avec les dessins exposés d’Andreas Kressig joueront sur l’architecture du lieu et ses possibles.

Les dessins de Joëlle Flumet nous plongent dans un univers domestique insolite. Au centre, l’objet. Un miroir, un paravent, un fauteuil, une table, une cloison, des objets ou éléments architecturaux avant tout fonctionnels et dont l’usage a priori ne dissimule ni secret, ni surprise. Et pourtant…

Ces dessins de grand format représentent des personnages dans des intérieurs que l’on identifie aisément grâce à un mobilier type (salon, cuisine, bureau, etc.). L’usage du dessin vectoriel au trait épuré et les aplats de couleurs saturées proposent une vue claire de la situation, les surfaces sont nettement délimitées et aucun détail n’encombre la scène, suggérant tenue et rigueur.
Or cette apparente lisibilité, teintée de bienséance, est vite troublée, inopinément contredite par la position bizarre des personnages ou leur drôle d’activité, nous faisant alors relire avec un œil neuf ces activités, en principe anodines, dans un contexte devenu incongru et réciproquement.
Si la situation devient singulière, c’est parce que l’action qui s’y déroule est décontextualisée (on ne fait pas du rappel les yeux bandés dans un bureau!). Cette singularité est en porte-à-faux avec sa représentation qui recourt au registre générique ou typologique. Et l’inverse vaut aussi. Une tension intéressante naît de ce double mouvement, car elle taquine l’idée de marge, d’écart et forcément appelle un regard critique (1).

L’artiste procède par série. Dans chacune, par le biais de mises en scène précises et minimales, elle amorce un potentiel de décalage dans l’usage de l’objet. La série Mobilier (2004) se joue de nos attentes en proposant des situations pour le moins déplacées… cette femme qui escalade sa bibliothèque ou ce couple confortablement installé dans le salon, chacun muni d’un fusil de chasse.
Ou encore Voyance (2004) qui propose un éventail de situations abracadabrantes où le terme même « voyance » enrichit son lexique de nouvelles croyances en jouant sur des associations d’idées: une femme et un homme en complet veston penchés sur une boule de cristal dans une salle imposante qui ressemble à un bureau
présidentiel…

Aménagement du Territoire, une autre série datant de 2004-05, travaille sur l’idée de cloisonnement et son contraire. Elle force dans un même espace, ou plutôt sur un même plan de lecture, deux espaces hétérogènes. En tissant un lien visuel de type décoratif entre le dedans et le dehors (que l’on voit par une fenêtre ou une baie vitrée), l’espace représenté confond non seulement l’intérieur et l’extérieur, mais aussi la représentation qu’on s’en fait.
Joëlle Flumet opère un déplacement de surfaces, un glissement de plans, qui par leur rapprochement construisent un univers domestique instable : un dallage de jardin qui se prolonge dans le living room, ou un papier peint aux motifs décoratifs d’oiseaux jouxtant d’un côté des panneaux de bois et de l’autre une porte-fenêtre ouverte sur un simulacre d’extérieur. On ne sait plus où est la tapisserie.

Quant à la série Hors-Limite (2005), en associant des intérieurs de bureau bien propres et bien rangés à des activités sportives extrêmes, elle pousse encore plus loin la rupture du lien ténu qui semble relier nos activités à notre entourage et valider leur pertinence, nous invitant ainsi à élargir notre horizon ou tout au moins à prendre conscience de son étroitesse.

Ces combinaisons insolites entre une activité et un contexte dessinent donc un enchaînement de relations inattendues, que l’œil saisit vite et dont l’imagination s’empare pour envisager la puissance critique qui s’en dégage et en mesurer le potentiel dramatique. Le spectateur en repérant le détail qui « cloche » se lance dans une histoire déjantée, et réalise la fragilité des rapports qui constituent le monde qui l’entoure. Un rien, et tout bascule.

Joëlle Flumet ne manque pas d’humour et décape sans avoir l’air d’y toucher une manière de vivre et de faire dominante et placée sous le signe de la norme.

Il y a donc une norme ou des normes en vigueur qui, si elles existent, renvoient nécessairement au hors norme ou à la marge, désignant aussi bien la déviance que la liberté. Et c’est cet interstice que Joëlle Flumet explore, en testant l’incidence de ces petits décalages et déplacements qu’elle orchestre avec intelligence.

Isabelle Aeby Papaloïzos

(1) …mes dessins tentent de rendre quelque chose qui tiendrait à la fois du singulier et du commun, qui confronterait la complexité du cas particulier à sa représentation générique et catégorisée. J’interroge ces deux points de vue en testant plutôt l’élasticité de cette marge : à quel moment un comportement est-il considéré comme déviant ? Joëlle Flumet

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Presse release by the Centre St-Gervais pour l'Image Contemporaine
1er février - 1er avril 2007
JOËLLE FLUMET en collaboration avec Andreas Kressig
“I would prefer not to”
Installation
Vernissage le mercredi 31 janvier 2007
mardi-dimanche, 12h à 18h

For the first time, Joëlle Flumet will collaborate with Andreas Kressig. Both artists will propose an on-site intervention on the second floor of the Centre pour l’Image Contemporaine: a new series of drawings by Joëlle Flumet and a series of animations in related to the drawings showed by Andreas Kressig will play on the building’s architecture and it’s possible.

Joëlle Flumet’s drawings take us in a strange domestic universe. In the centre, the object. A mirror, a blind, an armchair, a table, a separation, objects or architectural elements primarily functional where usually the way they are used do not hide either secrets either surprises. Even though….

These large drawings show characters within interior locations that we identify easily thanks to the typical furniture (living room, kitchen, office, …). Using digital drawing with minimal strokes and saturated colours propose a clear view of the situation, the surfaces are clearly delimited and no detail obstructs the scene, suggesting straightness and rigor.
Thus this apparent readability is quickly puzzled and questioned by the awkward position of the characters or their strange activity making us read with a fresh eye these activities, in principle standard, within a context which has become incongruous.

If the situation becomes singular, it is because the action in place is out of context (you do not rock climbing with your eyes masked inside your office!). This singularity is constantly in contradiction with its generic and typological representation. And the contrary is also true. An interesting tension grows from this double movement, because it plays with the idea of margin and forces us to a critical look.

The artist proceeds by series. In each of them, by precise and minimal settings, she births a potential discrepancy in the way objects are being used. The series Mobilier (2004) plays with our expectations by proposing situations which are for the least awkward….this woman who climbs her library or this couple comfortably standing in the living room, each with a hunting gun in their arms.
Or Voyance (2004) which features a wide variety of totally impossible situations where the term “psychic” enriches it’s meaning of new beliefs by playing with juxtaposed ideas: a woman and a man dressed in a three piece suit overlooking a crystal ball in a prestigious room with the looks of a presidential office….

Aménagement du Territoire, another series from 2004-05, works on the idea of separation and its opposite. Inside a single space she forces two heterogeneous grounds to coexist. By creating a visible link of decorative nature between the inside and the outside that we see through a window or a glass sliding door), the featured space not only mixes the inside and the outside but also the representation we make of it.
Joëlle Flumet displaces surfaces by sliding frames which, because they get closer one from the other, build an instable domestic world: a stone path which ends in the living room or a wallpaper decorated with birds sided by wooden panels on one side and a sliding door opening on a fake outside on the other side. We have no ides where the tapestry is anymore.

Then, with the Hors-Limite series (2005), by associating well maintained office interiors to extreme sport activities, she pushes even further the moment of rupture of the very thin link that seems to unite our activities to our foreground, thus inviting us to broaden our horizon or at least to be conscious of its narrowness.

These awkward combinations between an activity and a context draw multiple and unexpected relationships, that the eye grasps fast and that imagination catches to reveal the critical power that thrives from it and measure the dramatic potential. By spotting the detail that does not fit, the viewer is thrown into a phantasmagorical story and realises the fragility of the relationship that constitute the world that surrounds him. A tiny grain of sand and everything tumbles.

Joëlle Flumet does not lack humour and points out a dominant way of living and doing placed under the influence of normality. So there is a normality that by definition designates abnormality and freedom. These are the in betweens that Joëlle explores, while testing their incidence that she drives intelligently.
Isabelle Aeby Papaloïzos

 
 
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