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Edi Hila
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The Opening: 06-07/

 Edi Hila
Transitional Landscapes

28.01.11 - 26.02.11
Opening January 27th, 2011 / 6-8pm
 


La scène balkanique européenne a vu naitre bon nombre de personnalités artistiques qui ont fait leur carrière hors des frontières nationales et le cas albanais ne manque pas de protagonistes de premier plan pour ne citer qu’Anri Sala ou Adrian Paci. Mais à Tirana, la capitale de l’Albanie, vit et travaille Edi Hila, une personnalité d’exception qui, dans les quelques manifestations internationales auxquelles il a participé ces dernières années, est apparu indubitablement comme un artiste d’envergure et probablement l’un des peintres les plus intéressants de ce début de 21e siècle.

L’artiste est né en 1944 à Shkoder et sa biographie révèle les difficultés rencontrées par l’artiste pendant près de 20 ans. Accusé de pratiquer une peinture déviationniste, Edi Hila a subi au milieu des années 70, les affres de la «rééducation» communiste en étant banni et obligé de travailler comme docker. Dans les années 90 il est « réhabilité » d’abord pour peindre puis après le changement de régime il bénéficie à plusieurs reprises de l’attention de René Block et d’Harald Szeeman, curateurs arrivés en prospection en Albanie, et qui par la suite, l’ont invité à participer à plusieurs expositions d’envergure.

Les oeuvres d’Edi Hila sont autant de regards circonstanciés qui se fixent sur un paysage en transition, un changement pas uniquement politique mais profondément social. Comme tous les pays de la région, l’état de transition est consubstantiel à chaque détail du relief que ce soit la campagne où les villes. De ces architectures à l’abandon, marquées pourtant par le sceau du modernisme, l’artiste arrive à faire ressortir avec une maîtrise picturale impressionnante, tous leurs paradoxes et un voile de mystère s’en empare. De même, il se concentre sur le pragmatisme de type entrepreneurial de ses concitoyens qui s’emploient à bricoler des outils et à faire du petit commerce sur les bas côtés de la route. Un monde contemporain d’ailleurs aussi bien européen, balkanique et en même temps étrangement global, est décliné en images de télé, en scènes de rue et d’intérieur, un monde qui a implosé, qui se refait et dit l’histoire, qui bouleverse la pérennité des paysages, les brutalités infligées mais aussi la singularité de chaque recoin.

Ami Barak


Press Release (English):
Mitterrand+Sanz is pleased to present the first solo exhibition of Edi Hila in Switzerland.
The European Balkan scene has seen the rise of a fair amount of art personalities who
built their careers outside the national frontiers. Albania is a particularly interesting case
as exemplified by leading protagonists such as Anri Sala and Adrian Paci. Looking at
the international exhibitions Edi Hila took part over the period of the last years, he too
appeared as a central character and one of the most important revelations of painters
today.
Born in 1944 in Shkoder, Edi Hila lives and works now in the Albanian capital Tirana. A
closer look at his biography reveals the difficulties he faced for more than 20 years.
Under the suppression of the regime in the 70s, he was accused to act as a
“deviationist” painter. He was then prohibited to show his work and forced to work as a
docker. After the downfall of the regime in the 90s, the artist started to paint again.
During their exploration of the Albanian art scene, he gained the attention of the
curators René Block and Harald Szeeman who in succession invited Edi Hila to take
part in several important international exhibitions.
The works of Edi Hila offer a detailed look on a landscape in transition, not only on a
political but also on a deeply social level. Like in all Balkan regions, the transitional state
is intrinsic in each detail of the countryside as well as in the cities. With his paintings of
abandoned however modern architectures, the artist proves to be an impressive
pictorial master managing to bring out all those paradoxes. It is as if a veil of mystery
creeps over them. In a similar fashion, he examines the pragmatism of street micro
businesses manufacturing and selling artisanal items. It is a contemporary world, as
much European as Balkan, but moreover global as it is often seen on television and in
scenes of the street and the interior. It is an imploded world, a world which is being
redone and speaks history, which disrupts the continuity of the landscapes, the inflicted
brutality but also the uniqueness of each corner.
Ami Barak